
Édito du 31 mars 2025
Les publications reprennent sur notre site Fertile Vision après un semestre de travaux préparatoires pour l’année 2025.
Deux événements marquants inspirent ce premier éditorial.
La date du 30 mars 2025 annonce le terme légal de l’anonymat du don de gamètes et d’embryons, décidé par le législateur lors du réexamen de la loi de bioéthique en 2021, du moins pour les enfants qui en sont issus. Pour la première fois au monde, une loi de bioéthique autorise à la fois les indications sociétales de don de gamètes, le double don de gamètes et le droit d’accès aux origines du tiers donneur de gamètes ou d’embryons. L’applicabilité de la loi a justifié une mobilisation sans précédent des autorités de santé et des équipes en charge de la gestion du don de gamètes. Vous trouverez dans les rubriques actualités et citoyens concernés, un article relatant les enjeux éthiques pour de bonnes pratiques légales et confirmant à nouveau la supériorité des lois-cadre aux lois normatives en matière de bioéthique, ce qu’a choisi notre pays dès la première loi en 1994. La bioéthique et le débat public ont toute leur place au centre de la relation du savoir au pouvoir, ce que confirme dans l’article, la tension éthique énoncée pour les rares cas de projets parentaux d’embryons conservés après don de gamètes « anciens régime » et pour lesquels la levée de l’anonymat n’est pas possible.
Un deuxième événement qui ne nous a pas échappé, est la chute vertigineuse du taux de natalité en France, elle aussi sans précédent. En 2024, selon l’INSEE, le taux de natalité est de 9,7 pour 1000 habitants et l’indicateur de fécondité s’établit à 1,62 enfants par femme : il n’a jamais été aussi bas depuis la première guerre mondiale. Quant au solde des naissances par rapport aux décès il est le plus bas depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Il est passé de 140 000 en 2019 (avant la pandémie) à 17 000.
En dépit des avancées technologiques pour préserver la fertilité, surtout pour des raisons d’âge, la liberté de procréer et son autonomie décisionnelle ne peuvent pas échapper aux limites physiologiques pour toutes les femmes qui souhaitent concevoir un enfant. S’il est un adage qui ne vieillit pas, c’est bien celui « qu’il y a un âge pour être mère et un âge pour être grand-mère » alors qu’aujourd’hui l’espérance de vie nous conduit à considérer qu’une femme ne sera ni mère ni grand-mère pendant la quarantaine d’années qui suivra la concrétisation de ce vieil adage.
Relever le taux de natalité en France est le grand défi de ces deux prochaines décennies. La piste sociale semble bien la plus appropriée. Il s’agira de libérer la femme ou les couples afin de leur permettre de procréer, de materner et d’éduquer leurs enfants, le temps qu’ils estimeront nécessaire. Ce qui fera de notre part l’objet de prochaines publications à débattre entre nous.

Jacques Montagut
Jacques Montagut s'investit pour faire connaître et reconnaître la médecine et la biologie de la reproduction ainsi que les questions éthiques soulevées par l’avancée de la connaissance dans ce domaine. Il a siégé dans différentes instances ministérielles et éthiques. Il décide aujourd’hui de favoriser la réflexion et le débat sur le site Internet de Fertile Vision.
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